Ski: Entorse du genou et luxation d’épaule: Les 2 stars des urgences en station

Ski: Entorse du genou et luxation d’épaule: Les 2 stars des urgences en station
La saison bat son plein, la poudreuse est fraîche, mais attention à la fausse note !
Si le ski est synonyme de liberté et de grand air, il reste un sport exigeant pour l’organisme. Chaque année, les médecins de montagne voient défiler deux grands classiques de la traumatologie : le genou qui “lâche” et l’épaule qui “sort”. Pourquoi ces deux articulations sont-elles en première ligne ? Comment différencier le “bobo” de l’urgence chirurgicale ? Et surtout, comment éviter de finir ses vacances en barquette ?
Le point sur les deux blessures reines des sports d’hiver.
1. Le Genou : Le maillon faible du skieur
Le genou est une charnière complexe qui déteste les mouvements de torsion. Or, en ski, avec le pied bloqué dans une chaussure rigide et un “levier” d’1m70 fixé dessous, les contraintes sont énormes.
Le mécanisme : La “faute de carre” fatale
C’est le scénario typique : une chute à vitesse modérée, le ski se plante dans la neige, la fixation ne déchausse pas, et le corps pivote autour du genou resté fixe.
L’entorse bénigne (LLE/LLI) : C’est un simple étirement ou une déchirure des ligaments latéraux (sur les côtés du genou). Douloureux, mais le plus traitable avec une attelle.
L’entorse grave (Le fameux “Croisé”) : C’est la rupture du Ligament Croisé Antérieur (LCA). C’est la hantise du skieur.
Les signes que votre genou vous envoie
Si vous ressentez ces symptômes après une chute, la prudence est de mise :
Le “CRAC” : Un bruit sec ou une sensation de claquement audible au moment de la chute. C’est le signe d’alarme n°1.
Le gonflement rapide : Le genou gonfle en quelques heures (hémarthrose = saignement dans l’articulation).
L’instabilité : Vous essayez de vous relever et le genou “se dérobe”, incapable de vous porter.
La douleur vive : Elle est souvent intense sur le coup, puis peut paradoxalement s’estomper, donnant une fausse impression de guérison
Le conseil du Doc : Si ça craque et que ça gonfle, on arrête tout. N’essayez pas de redescendre “pour voir”. Appelez les pisteurs. Continuer à skier sur un croisé rompu, c’est risquer d’abîmer les ménisques et le cartilage, ce qui complique grandement la suite.
2. L’Épaule : La victime des chutes à plat ventre
Si le genou souffre de la torsion, l’épaule, elle, souffre de l’impact direct. C’est l’articulation la plus mobile du corps, mais aussi la plus instable.
Le mécanisme : La réceptions sur les mains
La luxation survient généralement lors d’une chute violente où le skieur tombe bras écarté ou tente de se rattraper avec la main. La tête de l’humérus est éjectée hors de son logement (la glène). Dans 95% des cas, elle part vers l’avant (luxation antérieure).
Les signes inmanquables
Contrairement à l’entorse du genou où le doute peut subsister, la luxation d’épaule est spectaculaire :
L’épaule “carrée” : Le galbe rond de l’épaule disparaît, remplacé par une forme anguleuse (signe de l’épaulette).
L’impuissance totale : Impossible de bouger le bras, qui reste souvent figé légèrement écarté du corps.
La douleur insupportable : C’est une douleur aiguë, lancinante, qui ne cède pas tant que l’épaule n’est pas remise.
ATTENTION : Ne tentez jamais de remettre une épaule vous-même. Vous risquez d’empirer les lésions. Une radio est nécessaire avant.
Pourquoi cela vous arrive-t-il ? (Et comment l’éviter)
Pas de fatalité ! Ces blessures surviennent souvent sur un terrain favorable :
- La fatigue (Le syndrome de la “dernière descente”) : Les accidents arrivent majoritairement après 14h, quand les quadriceps ne verrouillent plus assez le genou.
- Le matériel mal réglé : Une fixation trop serrée est la cause n°1 des ruptures du LCA chez la femme et le débutant. Faites vérifier vos réglages par un pro chaque année !
- Le manque de préparation : Arriver du bureau directement sur une piste noire sans préparation musculaire (squats, gainage), c’est jouer à la roulette russe avec vos articulations.
En résumé : Les bons réflexes
Prévention : Préparez vos cuisses 1 mois avant le départ et faites régler vos fixations (poids, taille, niveau).
Sur les pistes : Écoutez votre fatigue. Si les jambes tremblent, on s’arrête, même s’il reste une heure de forfait.
En cas de pépin :
Genou : Glace, repos, pas d’appui si instable, et consultation médecin pour examen clinique
Épaule : Immobilisation immédiate, ne rien toucher, direction le cabinet médical ou les urgences pour une radio.
Profitez de la neige, mais gardez en tête que votre corps est votre meilleur équipement : prenez-en soin !

